Biennale de l’Education du samedi 8 décembre : questions / réponses
-La médiation scolaire est-elle réservée aux écoles et établissements classés sensibles ?
Non. La médiation scolaire est une démarche qui permet aux enfants d’accéder à la conscience citoyenne. Il s’agit avant tout de responsabilisation et de socialisation.
Si, grâce à la mise en place de médiateurs ces dernières années, nous avons pu constater une réelle amélioration des comportements dans notre école, la médiation est avant tout destinée à régler les conflits courants entre enfants (ce n’est en aucun cas l’exclusivité des écoles dites
“difficiles”).
En ce qui concerne le financement des projets, lorsque l’école est classée en zone sensible, il est effectivement possible de faire appel au CUCS.
Mais d’autres solutions sont possibles :
-le PRE (projet de réussite éducative) : dans ce cas, contacter le collège de secteur afin de faire intégrer le projet de médiation
-le “projet d’école” peut intégrer un projet de médiation scolaire et obtenir des crédits de l’éducation nationale.
-Comment mettre en place la médiation scolaire dans une école rurale non signalée comme sensible ? Comment obtenir des crédits dans ce cas ?
Contacter le collège de secteur afin de faire figurer le projet de l’école et de faire prendre en charge une partie du financement par un PRE.
Autre piste, monter un projet d’école avec demande de financement.
-Sur quel temps scolaire est pris le temps de médiation ?
L’information (classe complète) et la formation (postulants médiateurs) se font sur les horaires de classe. Le temps consacré est pris sur l’horaire officiel d’Instruction Civique.
Les médiations se font pendant les récréations.
-Est-il acceptable que les médiations se fassent sur les horaires de récréations ?
Devenir médiateur, c’est avant tout un engagement civique volontaire. Il n’y a donc pas d’inconvénient à ce que les enfants sacrifient une récréation ponctuellement. Le roulement du planning permet que les doublettes de médiateurs se relaient de manière régulière. Les enfants ne “perdent” donc que très peu de récréations sur l’année.
-Quel est le fonctionnement le plus adapté pour la médiation en milieu scolaire ?
Chaque école, chaque établissement est libre de son choix de fonctionnement. Une constante, les doublettes : les enfants travaillent à deux. Sinon, chaque école est libre de son organisation.
Au Sierroz, les doublettes se succèdent les unes aux autres, médiation après médiation. Elle se font rapidement, si possible le jour où le conflit s’est produit, au
plus tard le lendemain.
A Franklin et la Liberté, un boîte aux lettres est à disposition des parties.
Les demandes sont triées par une EVS et les médiations programmées sur la semaine.
Les médiateurs sont totalement autonomes. Une pièce (ou un espace neutre) est réservé à cette fin. Les questionnaires sont complétés par les parties et les médiateurs. Un registre est complété à la fin de chaque médiation par les médiateurs. Aucun adulte n’y a accès, à part les
formateurs (qui ne font pas partie de l’équipe de l’école).
Il est important de respecter cet espace de confiance entre les enfants et les adultes.
-Y a-t-il des limites à établir entre ce qui relève de la médiation scolaire et de l’intervention de l’adulte ?
Tous les conflits ne peuvent être réglés par la seule médiation. (Mise en cause de groupes, entorses au règlement de l’école, conflit grave ou récurrent , danger pour la sécurité…) La médiation est avant tout réservée aux conflits ne mettant en cause que deux ou trois enfants.
Il est donc nécessaire de délimiter ce qui relève effectivement d’une médiation, et ce qui doit être résolu par les adultes de l’école.
-Est-ce que la médiation scolaire induit une perte d’autorité des adultes ?
Par l’intermédiaire de la médiation scolaire, l’adulte délègue une partie de son autorité aux médiateurs. Ce faisant, il s’évite de sanctionner à tout va sans toutefois s’affranchir de son autorité.
Au Sierroz, avant la Médiation Scolaire, il y avait un permis à points. Les enseignants se sont rendu compte que certains enfants perdaient très vite tous leurs points, leur comportement ne leur permettant pas non plus d’en racheter. Nous étions donc dans une impasse. D’autre part, les adultes de l’école se voyaient contraints de distribuer des punitions très fréquemment sans obtenir d’améliorations du comportement général.
Aujourd’hui, grâce à la médiation, la situation a considérablement évolué, les conflits sont moins nombreux et le climat de l’école est apaisé. Les relations entre les élèves, entre les élèves et les adultes, se sont améliorées.
Le recours à la médiation a permis à l’adulte de moins sanctionner. Mais lorsqu’il y a sanction nécessaire de l’adulte, on se rend compte qu’elle est mieux acceptée parce que plus rare et donc plus chargée de sens.
Déléguer la gestion des conflits courants aux médiateurs renforce donc l’autorité des enseignants de l’école.
-Est-il possible pour l’enseignant d’inciter deux enfants à l’ouverture d’une médiation ?
Bien sûr, il arrive très souvent que nous suggérions aux enfants de faire une demande.
-La médiation est-elle une contre-culture ?
Oui, car elle ouvre un espace d’autonomie et d’autogestions aux enfants.
C’est l’accès à une culture de la parole, peu reconnue à l’école.
Elle prend aussi le contre-pied de l’orientation autoritariste et judiciarisée de la société aujourd’hui …
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