L’école du Sierroz est placée au cœur d’un quartier périphérique aixois où est concentrée une population socialement peu favorisée, caractéristique des quartiers « difficiles ». Une partie importante des élèves connaît des difficultés et est confrontée à l’échec scolaire. Les problèmes de comportement liés à cet échec scolaire, à l’environnement particulier du quartier, aux souffrances psychologiques de certains enfants, sont fréquents et suffisamment sensibles pour que le climat scolaire s’en trouve fortement dégradé et soit peu propice aux apprentissages.
L’année scolaire 1999/2000 a été particulièrement marquée par cette dégradation des comportements. L’équipe pédagogique s’est trouvée engagée dans une logique de sanctions à répétition pour tenter de gérer les difficultés comportementales des élèves, avec le sentiment d’être constamment en situation d’urgence et d’échec sur le plan éducatif.
Pour apporter des réponses spécifiques aux difficultés rencontrées, l’équipe éducative a mis en place un certain nombre d’actions à la suite d’un stage d’école programmé début octobre 2000.
-Journaux de classe qui ont permis de donner la parole aux élèves et d’engager une sensibilisation sur les problèmes de respect des règles et des personnes et de donner du sens à la communication,
-Conseil des élèves dont le fonctionnement a permis de responsabiliser les élèves et là encore de mettre l’accent sur le langage et la communication,
-Mise en place d’une carte à points pour aider les élèves à maîtriser leur comportement avec l’aide du groupe en se référant à des règles élaborées ensemble,
-Médiation scolaire : La réflexion des élèves et des adultes sur la nécessité d’apporter une aide aux élèves en difficulté sur le plan relationnel et comportemental a débouché sur la mise en place d’un groupe d’élèves médiateurs.
Un partenariat avec l’association AMELY a permis de renforcer cette action et de l’inscrire dans la durée. Soutenu par la Municipalité aixoise, le projet a reçu, en 2002, la prime régionale à l’innovation dans le cadre de la Politique de la ville.
Progressivement la médiation scolaire est apparue l’action la mieux adaptée pour améliorer le climat de l’école et apporter une aide aux élèves en difficulté comportementale.
C’était le début d’un processus éducatif valorisant et formateur pour tous les acteurs de l’école. La situation a considérablement évoluée, les conflits sont moins nombreux et le climat de l’école est apaisé. Les relations entre les élèves, entre les élèves et les adultes, se sont améliorées.
On peut parler aujourd’hui d’une véritable culture de la médiation.
M.C. Carrel